Nos actus

Presse

Limiter le gaspillage dans les cantines

Meal Canteen, développée par une start-up stéphanoise, permet de réserver à l’avance ses plats dans la restauration collective, et donc d’éviter de produire des surplus qui seront ensuite jetés.

La fierté d’avoir confectionné ce bon plat avec les restes de la veille gonfle facilement la poitrine. Se dire, qu’une fois de plus, on évite que des aliments encore comestibles viennent alourdir notre poubelle, et pourrissent dans une décharge ou brûlent dans un incinérateur.

De plus en plus répandu, ce réflexe semble moins automatique avec ses collègues, au-dessus du formica de la table de la cantine d’entreprise, quand un bout de pain, de fromage ou un reste de riz est balancé négligemment dans la boîte à ordures collective.

Depuis Saint-Etienne, Denis Olivier a créé un outil pour éviter ce gâchis, qui plus est considérable. D’après l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), «si on prend en compte les mets qui n’ont pas été consommés par les convives, ceux produits en trop grande quantité par l’équipe de cuisine ou écartés lors de la phase de production, le gaspillage alimentaire se situe le plus souvent entre 150 et 200 g par personne.» Pour un restaurant servant 500 personnes en moyenne 200 jours sur une année, le gaspillage représente entre 15 et 20 tonnes par an, soit en termes de budget, entre 30 000 et 40 000 euros par an de produits jetés.

Appelée Meal Canteen, l’application accessible sur mobile, tablette et ordinateur, permet de réserver entre 14 heures et minuit ses repas pour le déjeuner du lendemain. Ainsi, on choisit ce qu’on est sûrs de manger et le plat nous attend à l’heure que l’on souhaite. On peut aussi connaître le score nutritionnel, les ingrédients, leur origine et les possibles allergènes présents, et même noter les plats pour que les cuisines puissent adapter leurs menus en fonction des goûts des clients. De leur côté, les restaurants collectifs peuvent préparer la quantité nécessaire de plats et donc éviter d’avoir à jeter les surplus.

Lancée en 2016, la start-up a de plus en plus de succès. Denis Olivier prévoit 750 000 euros de chiffre d’affaires pour 2019, et espère lever 5 millions d’euros cette année auprès de fonds d’investissement. Son but : s’étendre en Europe.

En France, l’application intéresse France Télévisions et est déjà utilisée par «le mess [restaurant militaire] de gendarmerie de Sathonay-Camp, dans le Rhône, où déjeunent tous les personnels civils et militaires de l’Etat-major de la région de gendarmerie de Lyon, soit quelque 200 couverts par jour, rapporte le Progrès. Mais aussi pour les équipes de tournage de Plus belle la vie à Marseille.»

  • Share: